Fréquence Fm - Comores : Le Directeur pays de l’Unfpa dresse un constat alarmant pour les infrastructures sanitaires

27 août 2018 à 15h56
La délégation de l’Unfpa, qui a séjourné à Ndzuani du samedi au mardi dernier, a consacré la journée de lundi à des visites sur le terrain. Cette forte délégation a sillonné l’île pour voir dans quelles conditions fonctionnent les structures sanitaires bénéficiant des appuis de l’Unfpa. C’est ainsi que le représentant local de l’organisme a fait visiter son hôte, les districts de santé de Sima et Pomoni et le centre de santé de Mremani. Si Constant-Serge Bounda dit être «surpris de la recrudescence» des viols sur les jeunes filles, il n’en est pas moins pour les mariages et grossesses précoces enregistrés dans l’île.

A la veille, alors qu’il visitait la cellule d’écoute de Mutsamudu, le directeur pays a appris le cas d’une mineur de 16 ans violée et engrossée et qui attendait d’être césarisée. Il a dû voler à son secours à l’hôpital de Hombo où il découvrira un autre cas d’une autre mineur, d’une famille précaire, abandonnée par les sages-femmes. Un cas parmi plusieurs autres qu’il découvrira pendant sa visite.

Dans ces structures visitées, les conditions de travail sont les mêmes comme dans les districts sanitaires des autres îles. Absence de plateau technique adéquat, bâtiments délabrés, un personnel insuffisant, un taux élevé de sages-femmes qui travaillent dans le bénévolat, instruments rouillés, manque d’échographie, entre autres. Au district de santé de Sima, où la maternité enregistre 60 accouchements en moyenne par mois, seulement 2 sur les 12 sages-femmes y exerçant sont des fonctionnaires de l’Etat. Le projet Pasco prend en charge les analyses médicales des femmes enceintes, les accouchements et les césariennes, comme dans d’autres districts. De 2015 à 2018, aucun décès maternel n’a été enregistré. On apprendra ici que les Comores enregistrent cette année 16 décès maternels dont 8 à Ndzuani : quatre sont « des décès communautaires» et quatre autres en milieu hospitalier. 

Source : Abouhariat Said Abdallah

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