Fréquence FM : Face la crise, Le Tourisme de Mayotte se trouvera t'elle une solution ?

06 juin 2020 à 06h49

Et si la crise sanitaire profitait au tourisme dans les Outre-mer ? L’idée a de quoi surprendre, mais c’est pourtant celle formulée par le gouvernement Français depuis maintenant quelques semaines. Mi-mai, le premier ministre annonçait que les Français pourraient voyager partout dans l’Hexagone, ainsi que dans les DOM-TOM durant les vacances d’été. Une aubaine à l’heure où les séjours à l’étranger pourront être soumis à des restrictions particulières.

Mais alors que le tourisme représente 10 % du PIB des territoires ultramarins, Mayotte fait exception à la règle. Entre les tarifs pratiqués par Air Austral, la mauvaise image du département véhiculée par les médias et de lourds freins structurels, le tourisme peine à décoller. À ces blocages, s’ajoute désormais l’obligation d’une quatorzaine stricte à l’arrivée dans les Outre-mer, jugée particulièrement dissuasive par les professionnels du secteur. “Qui voudrait payer un billet d’avion 1.000 euros pour aller s’enfermer deux semaines dans un hôtel ?”, s’interroge Ali Abdou, directeur du Gemtour, le groupement des entreprises mahoraises spécialisées dans le tourisme.

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Alors, la semaine dernière, Édouard Philippe, suivi plus tard par Annick Girardin, ministre des Outre-mer, dévoilait vouloir expérimenter une nouvelle forme d’isolement pour les voyageurs en direction des territoires ultramarins. Concrètement, un dépistage au Covid-19 devrait être réalisé 48 heures avant l’embarquement, puis renouvelé une semaine après l’arrivée dans les DOM-TOM. Si celui-ci s’avère être négatif, les personnes concernées pourront y circuler librement. Un scénario que le conseil scientifique n’a pas encore approuvé, pas plus que les acteurs du tourisme eux-mêmes. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de résidents ultramarins s’inquiètent d’ailleurs qu’une telle décision encourage la propagation du virus.

Une stratégie qui pourrait se développer sur deux axes sur lesquels travaille activement le groupement des entreprises mahoraises du tourisme : la généralisation des tickets restaurants pour tous les fonctionnaires et le déploiement plus larges des chèques vacances. Concernant les premiers, le Gemtour s’étonne de voir que certains organismes majeurs, comme le syndicat des eaux ou la Cadema, n’y ont pas encore recours. S’agissant du second, s’ils ont été déployés localement sept ans.

Pourtant, développées à grande échelle, ces deux formules permettraient d’inciter la population à consommer et visiter local, qu’il s’agisse de bivouacs ou d'activités nautiques, de visites culturelles, de sorties au restaurant ou de séjours dans les hôtels. Ces derniers, d’ailleurs, principalement occupés par des professionnels en voyage d’affaires, seront particulièrement disponibles au cours des vacances d’été. Fait rare, l’île n’offrant qu’un petit millier de lits.

Source : Mayotte Hedbo

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