Fréquence Fm : Les urgences des hôpitaux, «un système à bout de souffle» selon la Cour des comptes

06 février 2019

Alerte aux urgences. La situation parfois catastrophique de ces services hospitaliers est connue et dénoncée depuis des années, et les réformes tardent à corriger la situation. Dans son rapport annuel publié ce mercredi, la Cour des comptes estime que les urgences hospitalières sont encore « trop sollicitées ». « Le système actuel semble à bout de souffle » écrivent même les Sages.

En 2016 (derniers chiffres disponibles), les urgences ont enregistré 21,2 millions de passages : cela représente une augmentation de 15 % en quatre ans, qui incombe très majoritairement aux établissements publics. Dans le même temps, les services sont en situation de sous-effectif chronique : environ 25 % des postes de médecine d’urgence à temps plein ne sont pas pourvus.

20 % des passages aux urgences pourraient être évités
De ce fait, l’accueil du public est loin d’être homogène sur tout le territoire. La moitié des patients qui se présentent attendent moins de deux heures, mais « ces temps de passage varient fortement en fonction de l’âge des patients, de la région ou du type d’établissement » note le rapport. Ainsi, en Ile-de-France, le temps de passage médian est de 2h40 ; il est de 4 heures à l’hôpital de la Timone à Marseille et même de 5 heures au CHU de Nancy.

Cette fréquentation élevée des urgences coûte cher : environ 3,1 milliards d’euros par an à l’Assurance maladie. A titre de comparaison, un passage aux urgences (sans hospitalisation) coûte environ 148 euros à la Sécurité sociale, alors qu’une visite à domicile coûte entre 84 et 104 euros selon l’horaire. La Cour des comptes, toujours à la recherche d’économies, estime donc qu’une partie de la facture pourrait être diminuée en réduisant les « passages évitables » aux urgences. « Il est ainsi permis de penser qu’environ 20 % des patients actuels des urgences hospitalières ne devraient pas fréquenter ces structures » affirme le rapport.

Revoir le financement des hôpitaux
Toute la difficulté, c’est d’orienter ces personnes vers d’autres structures de soins, et notamment vers la médecine de ville. A ce titre, la Cour des comptes estime que les dispositifs existants – comme les maisons médicales de garde (MMG) ou les maisons de santé pluridisciplinaire (MSP) – n’ont pas encore fait la preuve de leur efficacité à réduire les passages aux urgences.

Les Sages placent donc beaucoup d’espoir dans le plan « Ma santé 2022 » présenté l’année dernière. Il vise à mieux structurer les prises en charge à domicile et le maillage de l’accès aux soins dans tous les territoires, par exemple via les « hôpitaux de proximité ».

La Cour des comptes préconise enfin de revoir une partie du mode de financement des hôpitaux. Actuellement, plus un établissement reçoit des patients aux urgences, plus il touche de l’argent : cela n’incite pas à diminuer le nombre de passages. Le gouvernement a donc prévu « l’attribution d’une incitation financière » aux établissements qui redirige les patients ayant seulement besoin d’une consultation simple vers la médecine de ville.

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